La Seyne-sur-Mer : que voir, plages et où manger

Guide de La Seyne-sur-Mer par un habitant : Fort Balaguier, corniche de Tamaris et Villa Tamaris, plages des Sablettes et Mar-Vivo, où manger et comment venir depuis Toulon.

La Seyne-sur-Mer, on la traverse souvent sans s’arrêter, en la réduisant à « la ville d’en face » de Toulon. C’est une erreur que j’ai mis longtemps à corriger. Derrière son passé de grande ville de chantiers navals, La Seyne cache une corniche de villas orientalistes, la plus belle plage familiale de la rade, des cabanes d’ostréiculteurs sur pilotis et un centre d’art gratuit. Voici mon guide d’habitant pour la (re)découvrir vraiment — testé, vérifié, sans complaisance.

La Seyne-sur-Mer en bref

Deuxième ville du Var (environ 65 000 habitants), La Seyne fait face à Toulon de l’autre côté de la petite rade. Son histoire est celle des Forges et Chantiers de la Méditerranée, qui ont fait vivre la ville pendant plus d’un siècle avant leur fermeture en 1989. De ce passé industriel, la commune a fait un atout : le front de mer a été réaménagé, et l’on passe aujourd’hui des vestiges des chantiers aux plages des Sablettes en quelques minutes.

Ce qu’il faut voir

Le Fort Balaguier et son musée (924 corniche Bonaparte) sont le point de départ idéal. Cette tour du XVIIe siècle, qui gardait l’entrée de la rade, abrite le musée Balaguier — histoire navale, bagne, mémoire des chantiers — entouré d’un petit jardin botanique et d’une vue splendide sur Toulon depuis les remparts. Ouvert du mardi au dimanche (fermé le lundi).

La corniche de Tamaris est ma balade préférée. À la fin du XIXe siècle, Michel Pacha, un Seynois devenu directeur des phares de l’Empire ottoman, y a fait construire un chapelet de villas de style mauresque et vénitien, dont la silhouette se détache encore sur la baie du Lazaret. On y trouve la Villa Tamaris (295 avenue de la Grande Maison), devenue un centre d’art et de photographie gratuit : expositions de qualité, du mercredi au dimanche, dans une bâtisse magnifique face à la mer.

Le Parc de la Navale, sur le port, est la mémoire vivante des chantiers. Aménagé sur le site même des anciennes Forges, ce parc de cinq hectares conserve deux vestiges monumentaux : le Pont Levant et la Porte des Chantiers, en pierre blanche et brique rose. Un sentier de panneaux raconte l’épopée ouvrière. À ne pas confondre avec le parc Fernand-Braudel, lui aux Sablettes.

Les plages et le bord de mer

La grande carte de La Seyne, c’est la plage des Sablettes : un long ruban de sable aménagé, très familial, surveillé en saison et labellisé « Tourisme et Handicap ». Elle est bordée du parc Fernand-Braudel et d’une enfilade de restaurants — l’endroit où j’emmène les enfants quand je veux une plage facile, sans galets ni mauvaise surprise. Arrivez tôt l’été, le stationnement autour du parc sature vite.

Dans son prolongement, la plage de Mar-Vivo offre la même ambiance familiale, plus tranquille, également surveillée en saison. Plus au sud, au pied du cap Sicié, la plage de Fabrégas est une jolie crique de sable sombre, surveillée l’été, à l’eau classée excellente — attention, contrairement à ce qu’on lit parfois, ce n’est pas une plage naturiste ; la zone naturiste (plage du Bœuf) se trouve plus loin sur le sentier du littoral.

Où manger à La Seyne

Le front de mer des Sablettes concentre l’essentiel, avec des profils variés :

  • La Canopée (71 avenue de la Jetée, Les Sablettes) : l’adresse emblématique du front de mer, qui a succédé à La Jetée. Cuisine méditerranéenne, grande terrasse face à l’eau, ambiance animée. Fermé le mardi.
  • Carré Plage (plage des Sablettes, parc Fernand-Braudel) : le restaurant les pieds dans le sable, cuisine fraîche et de saison, transats et lounge tapas-cocktails, vue sur les Deux Frères. Cadre superbe, tarifs de restaurant de plage.
  • L’Inizio Trattoria (front de mer des Sablettes) : une trattoria italienne très bien notée, produits frais et vue mer — mon choix pour un repas convivial sans se ruiner.
  • La Cabane – Maison Giol (allée de la Petite Mer, Tamaris) : une cabane sur pilotis chez l’ostréiculteur, dans la baie du Lazaret. Huîtres et moules de Tamaris, les pieds au-dessus de l’eau — l’expérience la plus « rade » qui soit.

Envie d’huîtres à emporter ou à déguster sur place ? L’Authentik de Tamaris (178 allée de la Petite Mer) et les coquillages Giol tiennent la tradition ostréicole du Lazaret, de saison, à quelques mètres l’un de l’autre.

Le marché et les commerces

Le marché provençal du centre-ville anime le cours Louis-Blanc et les rues voisines du mardi au dimanche matin (fermé le lundi), avec un pic les mercredis et dimanches. Étals de producteurs, poissonniers, fleurs : c’est là que bat le cœur populaire de la ville, loin des clichés.

Quand y aller et comment s’y rendre

Le plus beau moyen d’arriver, c’est le bateau-bus depuis Toulon : en une quinzaine de minutes, on traverse la rade et l’on débarque au port de La Seyne, avec la vue sur les chantiers en prime. C’est le réseau Mistral (même ticket que le bus), et ça transforme le trajet en mini-croisière. En voiture, comptez une quinzaine de minutes depuis Toulon par le pont de Brégaillon. Pour les plages, la belle saison va de mai à septembre ; mais la corniche de Tamaris et le Fort Balaguier se savourent aussi très bien hors saison, quand la lumière d’hiver sublime la baie.

Où dormir

Aux Sablettes, le Grand Hôtel des Sablettes-Plage (Curio Collection by Hilton) occupe un monument du XIXe siècle rénové, pieds dans le sable, avec spa et piscine — l’adresse haut de gamme de la commune. Côté port, l’hôtel du quai est le Kyriad Prestige / Mercure, pratique et avec vue sur le port. Pour un séjour nature, le camping Huttopia Forêt de Janas, sous les pins du massif du cap Sicié, est une belle option familiale.

Mon avis d’habitant

Ce que j’aime à La Seyne, c’est qu’elle ne joue pas la carte carte postale. C’est une ville qui a travaillé, qui porte encore les cicatrices de la fin des chantiers, et qui n’a rien de lisse — et c’est exactement pour ça qu’elle est attachante. Ma journée idéale : bateau-bus le matin, café sur le port, montée au Fort Balaguier, déjeuner d’huîtres à Tamaris, sieste sur le sable des Sablettes, et retour au coucher du soleil quand la corniche de Michel Pacha s’embrase. Le genre de journée qu’aucun guide touristique ne vous vendra, et qui vaut pourtant tous les week-ends lointains.

À lire aussi

Pour prolonger la découverte de la rade et de l’ouest varois : Six-Fours-les-Plages et le Brusc, Sanary-sur-Mer, et la carte des communes du Var. Amateurs de balade : le sentier du littoral du cap Sicié part juste au sud, vers Fabrégas.

Comment aller à La Seyne depuis Toulon ?

Le plus agréable est le bateau-bus du réseau Mistral (environ 15 minutes, même tarif que le bus), depuis les quais de Toulon jusqu’au port de La Seyne. En voiture, comptez un quart d’heure par le pont de Brégaillon.

Quelle est la meilleure plage de La Seyne ?

La plage des Sablettes pour les familles (sable, aménagée, surveillée), Mar-Vivo pour plus de tranquillité, et Fabrégas pour son côté crique sauvage au pied du cap Sicié.

La Villa Tamaris est-elle gratuite ?

Oui, l’entrée du centre d’art de la Villa Tamaris est gratuite. Ouvert du mercredi au dimanche l’après-midi, expositions renouvelées.