Fête de la châtaigne à Collobrières : notre dimanche en famille, et comment s’y prendre

Testée le 25 octobre 2026 en famille : la fête de la châtaigne de Collobrières, ses trois dimanches, parkings et navettes, les animaux de la ferme, et ce qu'il faut voir dans le village entre deux stands.

Mise à jour du 26 octobre 2026 : nous y sommes allés le dimanche 25 octobre, en famille. J’ai complété cet article avec notre retour de terrain, mes photos et ce qu’il ne faut pas manquer dans le village.

Il y a, chaque automne, trois dimanches où la route des Maures change de visage. Le long de la départementale, les voitures se rangent plus tôt que d’habitude, on abandonne le volant sur un parking et une navette fait le reste du chemin jusqu’au village. À Collobrières, la fête de la châtaigne ne se visite pas comme un monument : elle se vit un peu dans la foule, se savoure beaucoup, et elle mérite qu’on la prépare. Pour sa 43e édition, elle avait lieu les dimanches 11, 18 et 25 octobre 2026.

Musiciens en costume traditionnel avec tambours et accordéon dans les rues de Collobrières pendant la fête de la châtaigne
Fifre, tambours et accordéon dans les ruelles de Collobrières, le dimanche 25 octobre 2026. Photo : Le petit toulonnais.

Un village fermé aux voitures, c’est le principe

Première chose à savoir, et celle qui décide de votre journée : pendant la fête, la circulation est interdite aux voitures comme aux vélos dans le village. On se gare sur l’un des parkings périphériques, à 2 euros le véhicule, et des navettes gratuites déposent les visiteurs au centre. Pour ceux qui viennent de Pierrefeu-du-Var, de La Londe-les-Maures ou de Bormes-les-Mimosas, c’est le parking Ouest qui sert de point de départ. Les deux parkings, Est et Ouest, sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, et les camping-cars ont leur espace. L’entrée de la fête, elle, est libre. Détail utile : la station-service du village est fermée les dimanches de fête, faites le plein avant de monter.

Je vous le dis franchement : l’organisation tient la route, mais elle ne fait pas de miracle. Les organisateurs conseillent d’arriver tôt, avant 9 heures si possible, et ce n’est pas une formule de politesse. Le 25 octobre, le centre était déjà très animé en fin de matinée, surtout autour de la place de la Libération, et l’après-midi on avance dans les ruelles au rythme de la foule. Prévoyez aussi un peu d’espèces, toujours pratiques auprès des petits producteurs un jour d’affluence.

La fête s’étend dans tout le centre, du boulevard Koenig aux ruelles autour de la mairie, avec une centaine de producteurs et d’artisans. Pour un renseignement de dernière minute, l’office de tourisme répond au 04 94 48 08 00. Si vous partez de Toulon, regardez la météo la veille : sous la pluie, un marché de plein air perd la moitié de son charme.

Trois dimanches, trois ambiances

Les trois rendez-vous ne se ressemblent pas, et c’est ce qui rend la formule intéressante pour qui hésite sur la date. Le 11 octobre était la journée du terroir varois, avec le Carré des producteurs (châtaignes, miel, fromage de chèvre, huile d’olive, vin, nougat…), un repas 100 % varois cuisiné à la flamme par le chef Cyril Aveline, du restaurant Hestia, avec un Pass gastronomie à 15 euros, et une nouveauté insolite : le premier championnat de France d’épluchage de châtaignes. Le 18 était la journée internationale, avec le défilé des confréries venues de France et d’Europe, des fifres et tambours et des lanceurs de drapeaux italiens, pour fêter les jumelages du village. Le 25, enfin, était consacré aux savoir-faire de la ferme : animaux à approcher et à nourrir, ateliers pour fabriquer son beurre ou apprendre à planter des légumes, et métiers agricoles d’autrefois.

Les horaires annoncés par la mairie courent de 9 heures à 18 heures. Le 11 plaira davantage aux gourmands, le 18 aux amateurs de costumes et de musique, et le 25 aux familles avec de jeunes enfants. C’est celui que nous avons choisi, et pour une sortie avec des petits, je le recommande sans hésiter.

Notre dimanche du 25 octobre, en famille

Dès l’entrée dans le village, la fête se jouait autant dans les rues que sur les étals. Une petite troupe de musiciens en costume, l’un en chapeau haut-de-forme, avec de gros tambours, un fifre et un accordéon, remontait les ruelles et la foule suivait le mouvement. C’est le genre de moment qu’on ne programme pas et qui donne tout son caractère à une fête de village.

Évidemment, nous n’avons pas résisté aux châtaignes grillées, servies bien chaudes en cornet, à l’odeur de feu de bois qui flotte sur tout le centre. Nous sommes aussi repartis avec quelques produits à la châtaigne pour la maison : c’est l’occasion idéale de faire ses provisions directement auprès de ceux qui les font.

Pour les enfants, le vrai succès, ce sont les enclos d’animaux de la ferme installés dans le village : moutons, oies, poules et canards sur la paille, qu’on peut approcher de très près. C’est ce qui a le plus plu à nos deux enfants, de 4 et 7 ans. Si vous venez en famille, repérez-les dès l’arrivée : c’est la pause parfaite entre deux allées de stands.

Ce qu’on y mange, et ce qu’on y rapporte

Le décor est connu, et c’est tant mieux : des châtaignes qui grillent et crépitent au-dessus des feux de bois, une odeur qui se repère de loin, des crêpes, des tartes, de la crème de marron artisanale, de la farine de châtaigne, du miel. Ce sont des choses simples, mais c’est exactement ce qu’on vient chercher.

Le Var compte environ 2 000 hectares de châtaigneraie, surtout dans le massif des Maures, de La Garde-Freinet à Gonfaron, aux Mayons ou à Pignans. Collobrières en est la capitale revendiquée, et la commune, avec le syndicat des producteurs de châtaignes du Var, mène un programme de restauration des vieilles châtaigneraies, utiles aussi pour freiner les incendies. Un détour par la Confiserie Azuréenne, installée dans le village depuis plus de cinquante ans, permet de comprendre ce que l’on mange : elle y fabrique marrons glacés, crème de marrons et glace aux marrons, et son petit musée, gratuit, montre les outils et les machines d’autrefois. Pour un cadeau de fin d’année qui ait une vraie histoire, j’aime mieux ce genre d’adresse qu’un coffret de supermarché.

Ce qu’il faut voir dans le village, entre deux stands

La fête est aussi une bonne occasion de découvrir Collobrières, village labellisé « Village de caractère », qui mérite qu’on lève les yeux des étals. Tout se fait à pied, en quelques minutes.

La place de la Libération, sa mairie et sa fontaine

C’est le cœur du village, ombragé de grands platanes qui, fin octobre, commencent à jaunir. La mairie, construite au début des années 1860, borde la place. C’est depuis son balcon que le général de Lattre de Tassigny s’est adressé aux habitants le 20 août 1944, après la libération du village par ses troupes. Au milieu de la place, la fontaine surmontée d’un angelot, qu’on appelle ici la fontaine de l’ingénieur, a une particularité : chaque été, le dimanche le plus proche du 15 août, la fête des Fontaines célèbre à la fois la Libération et l’arrivée de l’eau au village, et c’est du rosé qui coule de la fontaine. Autour, le boulevard Lazare-Carnot aligne les belles maisons des anciens industriels du liège, l’autre richesse historique des Maures.

L’église Notre-Dame-des-Victoires

Difficile de la manquer : son clocher élancé domine les toits. L’église Notre-Dame-des-Victoires est un édifice néo-gothique de 1875, dessiné par l’abbé Pougnet, avec une belle rosace en façade. À l’intérieur, son orgue en chêne, inauguré en 1893, a été restauré en 1992 puis de nouveau ces dernières années.

Façade néo-gothique et rosace de l'église Notre-Dame-des-Victoires à Collobrières
La façade néo-gothique et sa rosace.

Le Réal Collobrier et le Pont-Vieux

Le village s’est construit dans une boucle du Réal Collobrier, la petite rivière qui le traverse. En automne, entre les façades ocre et rouges et les arbres qui changent de couleur, c’est l’un des plus jolis points de vue du centre. Un peu plus loin, le Pont-Vieux, un pont de pierre en plein cintre d’origine médiévale, était autrefois le seul accès au vieux village et au château.

Le Réal Collobrier et ses maisons colorées au cœur du village de Collobrières en automne
Le Réal Collobrier, au cœur du village, fin octobre.

Le site Saint-Pons et ses ruines

Sur un éperon rocheux au-dessus du village, les ruines de l’ancienne église Saint-Pons sont la surprise de Collobrières. L’église, élevée à l’emplacement de l’ancienne chapelle du château, a été abandonnée en 1875, quand la nouvelle église a été construite en contrebas. Il en reste une façade percée d’un oculus et de belles arcades de pierre, inscrites aux monuments historiques. L’accès est libre, une table d’orientation offre une vue sur le village et les Maures, et le site accueille chaque été le festival Les Nuits de Pons.

Après la fête, la forêt

Une fois la foule derrière soi, le plus beau reste le massif. La Chartreuse de la Verne, fondée en 1170 et aujourd’hui habitée par une communauté de moniales, se cache dans la forêt des Maures, à une douzaine de kilomètres. Le sentier du Balcon des Maures déroule environ 19 kilomètres, soit à peu près cinq heures de marche, avec des points de vue sur tout le massif. Plus sportif, le plateau Lambert garde les plus hauts menhirs du Var. Ce ne sont pas des balades à improviser en baskets de ville à midi, mais l’automne est la bonne saison : la lumière est plus basse, et la châtaigneraie prend ses couleurs.

Si vous voulez prolonger sur la côte, Bormes-les-Mimosas n’est pas loin : j’en ai déjà parlé dans ce portrait du village et de Brégançon, et pour un week-end plus lent, notre nuit en amoureux à l’Eden Rose reste valable à l’arrière-saison. Et pour ceux qui aiment le Var quand il se vide de ses touristes, il y a toujours mon petit guide du Var hors saison.

Je garde un dernier conseil, le plus simple : une fête qui vous fait lever tôt un dimanche et marcher depuis un parking, on s’en souvient mieux que de dix visites de musée. Et avec des enfants, entre les animaux, la musique et les châtaignes chaudes, c’est une journée gagnée d’avance.

Quand a lieu la fête de la châtaigne de Collobrières ?

Chaque année, les trois derniers dimanches d’octobre, de 9 heures à 18 heures. En 2026, pour la 43e édition, c’était les 11, 18 et 25 octobre.

Où se garer pour la fête de la châtaigne ?

Le village est fermé aux voitures et aux vélos. On se gare sur les parkings Est ou Ouest (2 euros par véhicule) et des navettes gratuites conduisent au centre. Arrivez tôt, avant 9 heures si possible.

La fête de la châtaigne est-elle adaptée aux enfants ?

Oui, surtout le dernier dimanche, consacré aux savoir-faire de la ferme : nos enfants de 4 et 7 ans ont adoré les enclos de moutons, d’oies et de poules, la musique dans les rues et les châtaignes grillées.

Que voir à Collobrières en dehors de la fête ?

La place de la Libération et sa fontaine, l’église Notre-Dame-des-Victoires, le Réal Collobrier et le Pont-Vieux, les ruines de l’ancienne église Saint-Pons et sa table d’orientation, la Confiserie Azuréenne et son musée, puis la Chartreuse de la Verne dans le massif des Maures.